10 janvier 2017

Profil de carrière : Producteur principal, événements TSN en direct

Chris Edwards : Je suis né et j’ai grandi à Edmonton, en Alberta. Après mon secondaire, j’ai été recruté dans l’équipe de football de l’Université Bishop’s au Québec. À Bishop’s, j’ai non seulement joué au football, mais j’étais aussi le rédacteur en chef de la section des sports du journal étudiant, The Campus. En troisième année, j’ai subi une blessure à l’épaule qui m’a empêché de continuer à jouer au football. Le hasard faisant bien les choses, un ami de la famille qui travaillait à TSN est venu couvrir l’un de nos matchs; comme j’étais blessé, l’équipe de TSN m’a demandé si je voulais lui donner un coup de main. Deux ans plus tard, mon baccalauréat ès arts en poche, je me suis demandé ce que je voulais faire de ma vie. Ce même ami de la famille m’a alors demandé si je voulais venir à Toronto pour travailler à TSN pendant deux semaines. J’ai sauté sur l’occasion!  Ces deux semaines se sont transformées en 20 ans, et je suis encore là!

Bell : Parlez-nous de ce que vous faites et de votre rôle à Bell Média.

CE : Je suis producteur principal et je travaille exclusivement sur la route à la production d’événements en direct. Je produis notamment les émissions LEAFS ON TSN (25 matchs par année) et CFL ON TSN (de 30 à 35 matchs par année) et je suis producteur principal du CHAMPIONNAT MONDIAL JUNIOR DE l’IIHF. Je suis responsable de tous les aspects de la diffusion sur le site de l’événement; je suis notamment chargé de gérer les commentateurs, de préparer le script du match, de parler avec les joueurs et les entraîneurs, de travailler avec l’équipe de relations médias et de maintenir le contact avec le studio.

Bell : Parlez-nous des défis auxquels vous faites face et de la façon dont vous les relevez?

CE : Selon l’ampleur de l’événement, notre équipe peut compter de 20 à 60 personnes. Travailler avec une grande équipe présente certaines difficultés. Le défi le plus courant, c’est de ne jamais savoir ce qui va se passer au cours de la diffusion. Nous préparons un script, mais un caprice de la météo ou une blessure peuvent se produire, et il faut alors s’ajuster rapidement.

Qu’arrive-t-il en cas de catastrophe?  Comment réagissez-vous?
CE : Votre première réaction instinctive, c’est de paniquer, mais le producteur doit garder la tête froide et reprendre les choses en main.  Plus tôt cette année, nous avons eu un match de football à couvrir à Winnipeg et, à 20 minutes du début, la foudre est venue interrompre le match. Résultat : l’équipe en studio a dû faire du remplissage pendant une heure. Le tout premier match de la LNH que j’ai produit avait lieu à Pittsburgh; 20 minutes avant le début, la Zamboni est tombée en panne et a répandu de l’huile hydraulique partout au centre de la patinoire, retardant le match d’une demi-heure. Encore une fois, nous avons pu compter sur le soutien de l’équipe en studio, mais on voit qu’il n’est pas toujours possible de prévoir ce qui peut arriver.  Il faut pouvoir s’ajuster. Ne vous imaginez pas que vous pouvez suivre un script tout au long du match, parce que c’est impossible!

Bell : À quoi ressemble une journée « typique » pour vous?

TSN producer Chris EdwardsCE : Cela dépend de l’événement sportif que je dois couvrir cette journée-là. S’il s’agit d’un match des Maple Leafs, les équipes patinent le matin, ce qui signifie que je dois être au Centre Air Canada à 10 h 15. Pendant les séances d’entraînement, je discute avec les commentateurs et, entre les séances, je me rends au vestiaire et je parle à différents membres de l’équipe – joueurs, entraîneurs ou personnel des relations médias.

Avec le football, c’est différent, car nous voyageons et réalisons les entrevues avec les joueurs et les entraîneurs la veille du match.

Une fois les entrevues terminées, je passe six heures dans notre camion à faire de la préproduction avant la mise au jeu ou le coup d’envoi. Le réalisateur, l’équipe et moi-même préparons des segments en prévision du match, et nous élaborons le script.

Après une pause-repas (deux heures avant le début du match), nous faisons le tour du stade ou de l’aréna afin de trouver ce que nous pourrions filmer pour rendre cet événement unique. Lorsque nous repérons des situations, comme un joueur dans le hall qui se prépare pour le match ou des adversaires qui discutent sur le terrain, ces éléments viennent enrichir la diffusion. C’est le moment où nous devons nous préparer et communiquer avec le studio pour nous assurer que tout est prêt. Le compte à rebours est en direct!

Bell : Sur quels projets novateurs travaillez-vous actuellement avec votre équipe?

CE : La technologie de la télévision change constamment. Récemment, nous avons diffusé pour la première fois un match de la LCF en direct où les entraîneurs et les joueurs portaient des microphones.  Nous tentons d’intégrer les innovations technologiques à nos émissions. Cela dit, l’équilibre est fragile entre, d’une part, servir le téléspectateur et offrir la meilleure émission possible et, d’autre part, ajouter de nouveaux éléments technologiques. Il ne faut pas sacrifier l’émission au profit de la technologie la plus récente.

Bell : À ce jour, quels ont été les faits saillants de votre carrière?

CE : À ce jour, j’ai vécu trois moments exceptionnels :

3. J’ai vécu une expérience extraordinaire lorsque j’ai couvert le curling masculin et féminin aux JEUX OLYMPIQUES de 2010 à Vancouver. J’ai produit deux confrontations pour la médaille d’or et j’en garde un souvenir impérissable.

2. Il y a deux ans, le Canada accueillait le CHAMPIONNAT MONDIAL JUNIOR DE L’IIHF à Toronto pour la première fois et, devant ses partisans à domicile, Équipe Canada a remporté la médaille d’or. C’était également le tout premier match du CHAMPIONNAT MONDIAL JUNIOR que je produisais.

1. La COUPE VANIER 2010 à Vancouver est le seul événement après lequel je me suis dit, en toute honnêteté, que je n’y changerais absolument rien. Ce fut un match époustouflant, considéré non seulement comme l’un des plus spectaculaires de la Coupe Vanier, mais aussi comme l’un des plus formidables matchs de football de l’histoire canadienne. J’ai produit l’émission d’avant-match et la présentation du match lui-même. Ce fut une émission remarquable avec une finale incroyable.

Bell : Parlez-nous de certaines fausses idées au sujet de la diffusion d’événements sportifs.

CE : Selon moi, la fausse idée la plus répandue, c’est que c’est une partie de plaisir qui ne nécessite aucun effort. Il faut cependant travailler lorsque la plupart des gens sont en congé, comme à Noël ou à l’Action de grâce. Lorsque vos parents et amis sont à la maison à regarder le match, vous, vous êtes au match.

Bell : Dans quoi ou de qui puisez-vous votre inspiration?

CE : Sur le plan personnel, j’ai toujours admiré mon père. C’est lui qui m’a inculqué mon éthique professionnelle, et la conviction qu’il faut traiter tout le monde avec le même respect.

Sur le plan professionnel, j’ai eu la chance d’être entouré d’un petit groupe de mentors tout au long de ma carrière. Mon premier mentor fut le regretté Paul McLean, producteur délégué à TSN. Il a eu une grande influence sur ma carrière, car il a été la première personne à m’embaucher et à m’encourager à m’investir dans ce domaine. Il m’a donné de nombreux bons conseils et, encore aujourd’hui, je lui attribue le mérite de mes débuts.

Bell : Quel est le meilleur conseil que vous ayez jamais reçu?

CE : C’est Paul qui m’a donné le meilleur conseil que j’ai eu dans ma vie. Il m’a enseigné à ne jamais être complaisant parce que la complaisance incite à se contenter du statu quo. Celui qui se contente du statu quo fait du sur-place, et son émission aussi. Il faut toujours exiger plus de soi-même et de l’équipe autour de soi. En se poussant les uns les autres à être meilleurs, tout le monde travaille mieux, l’atmosphère est plus agréable et l’émission est meilleure. 

Bell : Sachant ce que vous savez maintenant, quel conseil donneriez-vous à quelqu’un qui voudrait se lancer dans la diffusion d’événements sportifs?

CE : Ce n’est pas un domaine pour les timides – c’est un secteur très compétitif. Vous devez enfoncer des portes, faire du bénévolat et des stages, et montrer que vous êtes prêt à investir les efforts nécessaires.  Vous devez être prêt à travailler le soir, le week-end et les jours fériés. Toutefois, si vous voulez travailler dans un domaine rempli de défis, où vous pouvez tisser des liens enrichissants et vivre des moments exaltants, c’est parfait pour vous.

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Pour en savoir plus : bell.ca/carrieres

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